Contraint de ralentir


Il arrive souvent que nos vies aillent trop vite. Que le temps défile. Que les taches s’enchaînent.

Nous avons alors l’impression de ne jamais avoir le temps de nous poser, de ne jamais pouvoir faire les activités qui nous plaisent réellement.

Mais nous sommes parfois forcés de ralentir. Cela m’est arrivé il y a une semaine et j’en ai tiré un bel enseignement.

Après ma séance de yoga matinal, je me baisse pour ramasser un objet au sol et « crac », je ressens un léger craquement en bas du dos. Je sens la douleur irradier mais je suis chaud de mes exercices de yoga et la douleur est supportable. Elle sera présente toute la journée.

C’est le lendemain matin que les choses se compliquent. La douleur est vive, je ne peux presque pas m’habiller (l’étape des chaussettes a été vraiment compliquée). Le diagnostic ne laisse aucun doute possible : un lumbago. Après réflexion, je décide d’aller au lycée pour mes quatre heures de cours. La douleur est bien présente. Pas le choix que de faire doucement toute la journée dans mes mouvements, dans mes déplacements. Je demande souvent de l’aide à mes collègues ou mes élèves pour porter des charges plus ou moins lourdes. Il se trouve que la journée se passe très bien. J’ai fait moins vite mais tout s’est passé comme cela devait se passer. Trois jours de plus se sont déroulés de la même manière jusqu’à disparition des symptômes. Je fais habituellement de la course à pied presque chaque jour et j’ai été obligé de stopper cette activité. Je l’ai remplacé par une heure de marche à partir du 2ème jour. J’ai découvert les chemins autour de chez moi de manière vraiment différente, sous un autre angle. J’ai pu observer des détails que je ne soupçonnais pas.

Il faut parfois être contraint de ralentir pour s’apercevoir que rien ne sert de courir. Tout est là sous nos yeux. Nous sommes déjà au bon endroit et tout se déroule comme il se doit, dans l’agitation ou dans le calme. Mais le calme (contrairement à l’agitation) nous préserve du stress et de la fatigue qu’il engendre. Depuis j’essaye alors de garder cette qualité de vie, cette forme de pleine présence même si je n’ai plus de douleur aujourd’hui. Je suis au plus près de ce que je fais, instant après instant.

« Avant l’éveil : coupe du bois, va chercher de l’eau
Après l’éveil : coupe du bois, va chercher de l’eau »
Aphorisme zen.

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